Vous voyez les films de Noël ? Ce genre littéraire, c’est - un peu - la même chose en version écrite (sur des plateformes comme Wattpad ou Fyctia ou en format papier). Ça parle d’amour, mais pas que. Le mieux est que vous vous fassiez votre propre opinion. Je vous file un petit coup de pouce pour vous aider avec ce podcast de France Inter : “New Romance, ce que veulent les femmes” du 6 mars 2024.
Je mets de côté la Dark Romance dont on parle tant en ce moment, notamment parce que beaucoup de jeunes filles en lisent, et ce dès la 5e. Ce n’est pas un sujet que je vais développer ici. Mais on peut en parler si ça vous titille.
Par contre, je vais vous raconter mon histoire avec la New Romance. Sans vous parler d’aucun livre !
Tout a commencé avec mon amie Cécile : “je vais au Festival de la New Romance début novembre, tu m’accompagnes ?” (pour la petite histoire, on est allée voir une amie à elle, autrice : Flora Armonie).
Par curiosité, j’ai dit oui. Mon côté aventurière a parlé plus vite que mon moi raisonné. Et puis passer quelques heures avec une amie, dans un monde de livres, aucune raison de dire Non.
Une petite fenêtre s’est ouverte dans mon cerveau et mes yeux et mes oreilles se sont mis à scruter et écouter tout ce qui pouvait être en lien avec la New Romance.
Tout a commencé par une élève de 1ère qui parle peu et qui vient toujours lire au CDI, le tél dans une main, un gros livre à la couverture magique dans l’autre. Un jour, j’ose m’approcher et je lui demande quel est ce bel objet : Les chroniques de Bridgerton.
“Si y a un seul livre de New Romance que vous devez lire, c’est celui-ci Madame !”. Okkkkkk, j’en reste bouche bée, on vient de créer du lien autour d’un style dont j’ignore tous les codes, et c’est l’élève qui devient le maître. Elle a pris son pass pour les 3 jours du Festival. Je ne pouvais pas manquer ça me dit-elle !
Quand je commence à dire autour de moi que je vais à ce festival pendant les vacances, on s’étonne : “mais tu lis ça toi ? mais pourquoi ça t’intéresse ?”
Je me suis à peine laissée déstabiliser. Je suis captivée car je suis curieuse, que c’est un prétexte pour rencontrer d’autres personnes, autour du livre en plus, et ce que mes élèves lisent, ça m’intéresse !
J’ai vu les yeux de ma filleule de 17 ans pétiller quand elle m’a dit, “moi j’adore les histoires d’amour qui se passent dans les universités américaines”.
Rien que pour ça, il fallait que je me fasse ma propre opinion.
J’y suis donc allée sans a priori, sans avoir étudié la question avant. Et quelle surprise !! C’est un monde à part.
95% de femmes, tous âges confondus, les bras croulant sous des piles de livres, en mode selfie à paillettes et rires joyeux, comme des dingues ! Des autrices tellement proches de leurs lectrices (leur communauté) qui leur font des cadeaux (un bracelet comme les Swifties savent les faire, des biscuits faits maison et personnalisés…). Un monde à part.
Quand on dit que l’édition ne se porte pas bien, passez quelques heures dans ce type de salon, votre avis va vite changer (celle de la New Romance explose). Du format poche au format broché, y en a pour tous les goûts, et toutes les bourses.
Curieuses encore, nous avons suivi deux masterclasses.
Être repéré sur une plateforme d'écriture, comment faire ? avec Azra Reed, Tessa Wolf et le Prix Fyctia 2024.
Cette masterclass réunissait de jeunes autrices, tellement proches de leurs lectrices, accessibles, souriantes… des écrivaines qui vivent leur meilleur vie : avoir été repérée en ligne, être éditée, et se retrouver à témoigner dans un salon qui a fait près de 10 000 entrées en 3 jours. Elles kiffaient, et ça fait du bien de voir ça. Un rêve qui se réalise, c’est beau.
Posez vos questions à Anna Todd
C’est une incontournable dans le monde de la New Romance. C’était plus conventionnel, ça ressemblait plus à de la promo mais vous auriez vu dans l’amphi bondé de toutes ces fans. Elles s’adressaient à elle directement en anglais, connaissaient tout de son œuvre, et de sa vie.
J’ai vécu une aventure incroyable. Et découvert un nouveau monde !
En quittant les lieux, en essayant de laisser l’effervescence de toutes ces femmes derrière moi, je partageais à mon amie le plaisir que j’ai d’aimer lire et de faire aimer les livres. Mais plus que tout, c’est tout ce qu’ils nous permettent de vivre quand ils sont fermés qui m’émeut : des rencontres dans la vraie vie.
Et je garde, en cadeau de fin d’aventure, les mots de ma petite cousine : “j’adore lire de la New Romance, ça me détend”. Elle va me préparer une liste de cinq titres incontournables selon elle. Parce qu’une partie de mon travail, c’est de lire ce que mes élèves lisent, afin de créer du lien avec eux.
Je vous laisse, ma quête livresque ne fait que commencer.
PS : il existe un tout nouveau magazine entièrement dédiée à la New Romance. J’ai acheté les 2 premiers numéros (c’est pour le travail, vous comprenez ?), et je sais déjà à qui je vais les offrir après les avoir lus.
