#Inktober2024 : une semaine de chroniques livresques

Je publie chaque jour un post sur LinkedIn et j'ai réalisé que je réservais ça à quelques uns de ma sphère pro... Or je veux un quart d'heure lecture, pour tous, et le plus souvent possible ! Alors voilà un récap de la première semaine !

Le quart d'heure lecture
5 min ⋅ 17/10/2024

Mercredi 9 octobre 2024 : Soleil, feu et pensées n'ont point de fin.

Ce serait un proverbe italien. Tout cela n'a rien à voir avec le contenu du livre, quoique…

Quand j’ai lu « Jours de sable » par Aimée de Jongh j’ai ressenti le sable qui envahit tout, la poussière qui s’infiltre. Et quand j’ai pris connaissance du mot du jour, soleil, c’est ce livre auquel j’ai pensé.

Le soleil irradie la couverture de ce roman graphique. Prenez-le entre vos mains dans une médiathèque ou une librairie, vous sentirez le soleil vous brûler, le sable s’infiltrer entre vos orteils et jusque dans vos cheveux…

Quant à l’histoire, j’en parle dans un billet du mois de juillet sur mon blog. Je me rappelle y avoir écrit que ce que j’ai aimé, c’est ce que ça dit de notre histoire familiale. De ce qu’on croit hériter, de ce qu’on se croit obligé de garder. Et puis encore des rencontres et de l’effet qu’elles ont sur nous. On ne rencontre jamais personne par hasard. Toute expérience prendra sens avec le temps.

C’est pour ça que je continue d’écrire, parce qu’un jour je comprendrais pourquoi, pour qui je le fais !

Vous vous rappelez que j’ai choisi de détourner Inktober, ce challenge qui s’est rappelé à moi par les publications de mes amies illustratrices. Un jour, un mot, un dessin pendant tout le mois d’octobre ? Moi ce sera un livre de ma bibliothèque en lien avec le mot du jour.

Aujourd’hui, je vous ai menti, celui-ci n’est pas dans ma bibliothèque. Il est dans celle d’une amie. Elle me l’avait prêté. Il est passé d’une bibliothèque à une autre, il a irradié d’une main à l’autre, et j’y ai repensé aujourd’hui.

Je vous laisse, j’ai besoin d’un peu de calme après toute cette tempête et avant de me remettre en chemin.


Jeudi 10 octobre 2024 : Nomade ou chez soi ?

Dilemme… Chez soi !

Comme une évidence, quand j’ai pris connaissance du mot du jour, nomade, c’est « Chez soi » qui s’est imposé à moi. Oui l’opposé du mot du jour.

Vous me croirez ou non, impossible de remettre la main dessus… je me demande si je ne l’ai pas prêté, ou laissé dans une résidence de vacances, ou même oublié quelque part. Il a goûté à la vie nomade et la poursuit sans moi.

« Chez soi. Une odyssée de l’espace domestique » de Mona Cholet aux Editions La Découverte. Je l’ai lu en 2020. Une année où je me suis retrouvée bien chez moi. Et je ne m’étais jamais posée la question de cette épopée du chez soi, alors cet essai tombait à pic. J’ai aimé le parcourir, me saisir du sujet.

Je crois vraiment que les livres, c’est une question de timing. Quand ils vous tombent entre les mains, c’est le moment de les lire. Quand ils restent trop longtemps sur la pile, ils se font oublier et il va falloir attendre le bon moment.

Je termine en vous demandant si je vous ai parlé de l’effet du papier sur ma peau quand je manipule les livres. Celui-ci n’est pas lisse, un peu grumeleux. Tactilement, j’adore cette édition. Désolée, je ne pourrais pas vous le prêter. L’exemplaire que j’avais s’est offert une vie de nomade.

Je vous laisse, j'ai reçu une invitation de Ray Bradbury : « Voir le monde de ses yeux est mille fois mieux que n’importe quel rêve. »


Vendredi 11 octobre : En cas d’ennui, lisez !

Je dois vous l’avouer, je joue un peu avec les mots…

Aujourd’hui c’est un en-cas (repas léger qui peut être consommé immédiatement) , et pas en cas, la locution prépositive.

Sauf que au moment où j’écris ces lignes, je n’ai pas faim du tout. Et aucun titre de livre en particulier ne me vient.

Sauf que au moment où je pense qu’il faudrait que j’écrive ce post, je repense aux nombreuses fois où les élèves m’ont dit : « Madame, je m’ennuie ». Cette phrase est un sésame pour moi. Je leur réponds que jamais oh grand jamais ils ne pourront s’ennuyer au CDI. J’ai tout ce qu’il faut pour les occuper pendant des heures, voire des jours et des mois.

Et là je réalise que je viens de faire le lien entre mes en cas : un livre, c’est la nourriture dont a besoin mon esprit. C’est mon en-cas. Et je le partage très volontiers.

Au CDI, j’en ai pour tous les goûts : les gourmands, ceux qui picorent, ceux qui dévorent, les adeptes de la frugalité… bref, en cas d’urgence… lisez !

"J'aime ce qui me nourrit, le boire, le manger, les livres" Etienne de la Boétie


Samedi 12 octobre : A distance…

De loin en loin, les livres ont toujours fait partie de ma vie. Alors j’ai tendance à vouloir que ce soit le cas pour tout le monde…

Sans avoir à convaincre, sans obliger à rien, j’ai un livre pour chacun. Celui à qui je l’adresse est libre de s’en emparer, de le reposer, de ne pas le regarder. De le tenir à distance. Ou de l’embrasser.

Moi aussi pendant quelques années je les ai tenus à distance. Enfin disons qu’ils étaient là mais que j’avais du mal à m’en saisir, prise dans un tourbillon de vie dans lequel je ne leur laissais pas de place. Ou alors c’était des livres pour les autres. Des livres, quand même, mais qui n’avaient pas la même saveur pour moi. Puis petit à petit, la distance s’est réduite. Ils se sont retrouvés à portée de mes mains.

J’ai plongé dans le développement personnel en même temps que l’entrepreneuriat. Avant de lire "Développement (im)personnel" de Julia de Funès aux éditions de l’Observatoire, et de revenir aux romans d’anticipation, puis découvrir les romans graphiques en même temps que je retrouvais le chemin du salariat.

Depuis presque deux ans, j’ai la chance de travailler au milieu d’eux. Je suis la Dame du CDI. La distance s’est donc considérablement réduite. En plus, c’est à mon tour de proposer à mes petits lecteurs de parcourir de longues distances en les plongeant dans des univers inconnus. Mais quel bonheur quand ils me disent « Je n’ai pas du tout aimé ce livre ! Ou Madame, vous en avez un autre comme celui-ci ? Ou encore Ouais… bof en fait ! »

Aujourd’hui, je n’ai pas de livres à portée de main qui parle de la distance, de l’éloignement…

Ah si, j’y pense. J’aurai pu vous parler de « Hmong: l'histoire vraie d'un peuple méconnu » de Vicky Lyfoung paru chez Delcourt. Il s’est glissé entre mes mains à La librairie du vieux bourg à Kourou en Guyane française. Mais c’est une autre histoire dont je vous parlerai peut-être dans mon quart d’heure lecture !


Dimanche 13 octobre : A l’horizon, rien de nouveau !

Des fois, on est perdu dans le brouillard. On n’y voit pas clair. Le ciel est bouché, le vent ne se lève pas.

Plus rien ne va.

Et puis, on ouvre une page, et de pages en pages, ce sont mille mots qui nous emportent dans leur sillage. Et c'est encore plus vrai si ces pages sont partagées.

Ce jour de mars 2023, le ciel a fini par se déchirer et laisser place à quelques rayons de soleil. Pourtant, le titre du livre en haut de la pile n'était pas des plus joyeux.

"Toutes blessent, la dernière tue" de Karine Giebel chez Pocket. C'est un thriller. Haletant. Je ne suis pas fan en général, ce n'est pas mon genre préféré. Mais là... saisie j'ai été. Emportée par l'ambiance, le sujet. Les pages se sont enchaînées sans que je m'en rende compte. Il est toujours dans ma bibliothèque, je le prête parfois. Mais il n'est pas pour tout le monde.

Aujourd’hui, malgré le soleil qui dégage mon horizon, ce n’était pas si dégagé que ça, et puis ce sont mes mots à moi, écrits ici qui ont fait que les dernières brumes se sont dissipées.

Vers l’horizon et au-delà.

Le quart d'heure lecture

Par Guillemette .

Les derniers articles publiés